Sommeil

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Sommeil du corps biologique[modifier | modifier le wikicode]

Il est estimé qu’un humain dort 7 heures et demie en moyenne par jour. Contrairement aux apparences, le sommeil est loin d’être un phénomène linéaire, stable et continu. Le corps physique va expérimenter différentes modifications, physiologiquement régulées par des mécanismes complexes.

Les phases du sommeil sont classées sur des critères objectifs, comprendre mesurés avec la technologie du moment. Cette technologie repose sur l’enregistrement de l’activité électrique du cerveau au moyen d’un appareil doté de capteurs que l’on place sur le cuir chevelu, l’électroencéphalogramme (abrégé E.E.G).

Cet appareil enregistre l’activité électrique cérébrale, plus précisément la résultante de la sommation des potentiels d’action post-synaptiques issus d’un grand nombre de neurones. C’est donc une activité globale, et malgré sa relative précision en terme temporel, elle n’enregistre qu’une résultante, et n’enregistre en parallèle que les ondes cérébrales émises par les neurones qui sont proches de la surface du cortex cérébral.

En fonction de ce que l’on récupère en termes d’activité, on classe le résultat en groupe d’ondes qui représente un état particulier du sommeil. On distingue ainsi deux grands types de sommeil : le sommeil lent, et le sommeil paradoxal.

Selon cette classification, on observe que le sommeil lent englobe 75% du temps de sommeil total. Il correspond à la phase où l’on observe un ralentissement et synchronisation de l’activité EEG. Le sommeil lent est lui-même divisé en quatre stades, de profondeur croissante.

SRAA. Le réveil fait biologiquement suite à une augmentation du système réticulaire activateur ascendant, partie ascendante de la formation réticulaire, qui est une formation neurale situé dans le tronc cérébral. Ce système est composé d’axones sensitifs qui remontent jusqu’au cortex cérébral. Lorsque cette formation est activée, les influx nerveux remontent, soit directement, soit en passant par le thalamus, vers le cortex cérébral ce qui provoque une augmentation généralisée de l’activité corticale.

Il est décrit que pour qu’une personne sorte du sommeil, il faut que son système réticulaire activateur ascendant soit activé. Cette activation peut prendre de nombreuses formes : stimulus douloureux, contact sur la peau, etc. [Tortora].

Sommeil lent. Le sommeil lent est divisé en 4 stades.

   Stade 1

Période transitionnelle entre l’état de veille et le sommeil, ce stade dure entre 1 et 7 minutes.

   Stade 2

Première phase du sommeil proprement dit. L’EEG commence à indiquer les faisceaux caractéristiques du sommeil.

   Stade 3

En général, survient 20 minutes environ après l’endormissement. La température corporelle et la pression artérielle diminuent. Le sujet est difficile à réveiller.

   Stade 4

Le métabolisme cérébral diminuent de manière très importante. La température corporelle s’abaisse, mais les réflexes restent intacts et le tonus musculaire ne diminue que très légèrement. Fait très important : c’est durant ce stade que peut survenir le somnanbulisme.

Sommeil paradoxal. Le sommeil paradoxal représente quant à lui en moyenne un quart du temps de sommeil total. On y observe une activité EEG désynchronisée rapide, une atonie musculaire ainsi que des mouvements oculaires rapides qui lui ont valu le nom de Rapid Eyes Movements Sleep (REM sleep).

Le sommeil paradoxal est, de nos jours, médicalement considéré comme la phase qui génère le plus de rêves. Les chercheurs en sont venus à cette conclusion en réveillant des gens pendant cette phase. Ils se sont rendus compte que les récits de rêves étaient plus vifs à ce moment-là. Rappelons s’il est besoin qu’actuellement il n’existe officiellement rien d’autre que des rêves pendant la nuit. A l’heure où j’écris ces lignes, les rêves lucides entrent timidement dans la partie.

Atonie musculaire. C’est durant cette phase de sommeil paradoxal que l’on est en mesure d’observer l’atonie musculaire. Techniquement parlant, le corps, plus exactement les muscles squelettiques, pour la plupart, ne répondent plus aux ordres du cortex moteur.

Le mécanisme tel qu’il est décrit est le suivant : le signal est bloqué au niveau des motoneurones spinaux (dans la moelle épinière) en amont, par un neurotransmetteur inhibiteur (dont la glycine). En prenant une analogie, la transmission du signal moteur est interrompue au niveau du câblage électrique, pour éviter qu’une activation, qu’un ordre envoyé aux circuits moteurs du cortex frontal ne se traduise effectivement par un mouvement grâce aux muscles squelettiques.

Cyclicité. Lorsque l’on dit que le sommeil lent et le sommeil paradoxal représentent respectivement 75% et 25% du temps de sommeil total, on pourrait avoir l’impression d’une certaine linéarité ; que nous dormirions en sommeil lent en début de nuit, et que nous dormirions en sommeil paradoxal en fin de nuit. En réalité, c’est une succession de sommeil lent léger, lent profond et sommeil paradoxal qui va définir un cycle de sommeil, dont la durée est d’environ 90 minutes en moyenne.

En termes de cyclicité, on compte trois à cinq cycles de sommeil au cours d’une nuit. Ces cycles ne se répètent pas exactement à l’identique.

   En quantité, les cycles de début de nuit sont plus riches en sommeil lent profond, les cycles de fin de nuit plus riches en sommeil paradoxal.
   En qualité, il semble qu’en début de nuit, le sommeil paradoxal fait suite à un sommeil lent de stade 3 d’une durée assez importante. Au cours de la nuit, cette phase de stade 3 semble devenir de moins en moins importante et finalement au bout du troisième cycle, nous passons directement d’un stade 2 à un sommeil paradoxal. Ce sommeil de stade 2 semble continu en début de nuit, il se « morcelle » en fin de nuit.

En parallèle, la proportion de sommeil paradoxal augmente de manière très importante pour atteindre son maximum en fin de nuit.

Régulation. Deux mécanismes de régulations sont décrits [CEN]. Une régulation dite homéostatique : la propension à s’endormir augmente en fonction du temps passé éveillé. Un sujet en privation de sommeil aura une plus grande pression de sommeil, une fois endormi son activité EEG delta sera importante : il passe directement dans un sommeil plus profond.

La seconde est la régulation dite circadienne : l’alternance veille-sommeil suit un rythme circadien sous le contrôle de l’horloge centrale. La mélatonine est la principale hormone de régulation des rythmes chronobiologiques ; elle est synthétisée par la glande pinéale la nuit et exerce un puissant effet hypnogène. La lumière est le principal synchroniseur de l’horloge biologique : elle inhibe la synthèse de mélatonine et exerce un effet éveillant.